Je crois que notre époque offre une opportunité, qui est d'ouvrir l'intelligence européenne à d'autres possibilités de penser, de les mettre en regard, d'exploiter d'autres cohérences. Mais l'expérience de la Chine ne vient pas compenser ce qui serait une insuffisance ou un aveuglement de la pensée européenne. Je ne pense pas que l'Extrême-Orient soit l'envers, même si pour montrer les choses, quand je les analyse, j'y mets de l'endroit et de l'envers. Je ne pense pas non plus qu'on puisse considérer la pensée chinoise comme une totalité, mais disons qu'elle fait réapparaître ce qui a été laissé-tombé par la philosophie. Pour parler en termes de sagesse, avec beaucoup de guillemets, je crois que c'est intéressant.

FRANCOIS JULLIEN  philosophe

 

 

 

PUBLICATIONS - PRESSE:

- Benezit (Edition 2000)

 

- Editons Regards, Art du 20e et 21e siècles, M.J.Bouscayrol

- Alba Italia Edizioni, Dizionario Enciclopedico Internazional
- OverArt periodico d’arte, Grandi Maestri
- Arto Dictionnaire illustré des artistes en Belgique
- Editions Echancrures: 50 Artistes de Belgique, Anita Nardon
- La Force de l’Encre . Valerie Auriel (2006)
- Univ. ULB. La femme inspiratrice, la femme créatrice dans l’art belge contemporain . Anne Cremers
- L’ Eventail des talents, Olivier de Trazegnies (1992)
- Un art solide et charpenté . Stéphane Rey (1995)
- Un art difficile à classer . Daniel van Wiemes ( 1992)
- Du pathétique aux pièges de la lumière . Alain Viray (1987)


 



Ce sont les Parques - les Moires pour les grecs- qui se voient confier par les dieux la destinée des humains. Héritières naturelles du pouvoir de donner la Vie mais également détentrices du fil de la Destinée…
Pas besoin donc de refondre nos mythes archaïques, il suffit de les repenser, de les rendre vivants.
Quand une femme-créateur s’identifie aux mythes fondateurs de sa civilisation gréco-romaine, Aphrodite, Artemis, Gaïa, Ariane, Penelope, Antigone,  Persephone, Leda, elle ne pourrait avoir le même regard sur sa destinée qu’un homme-créateur.
Je revendique donc de construire une œuvre de femme qui n’aurait pas pu être pensée par un homme.
Je n’ai jamais cru que l’inconscient culturel représentait un piège pour la femme et je n’attends pas que les hommes, ou les dieux me donnent un pouvoir : je le prends.
Les enjeux d’une création contemporaine ne se situent pas dans le masculin ou dans le féminin, mais dans l’heureux échange entre les deux. L’Art n’est pas soumis à la loi du genre, il est ou il n’est pas.
Et si l’histoire de l’art est pauvre en exemples de créateurs féminins, c’est parce que, entre le pouvoir de l’Art et celui de donner la Vie, elles n’avaient pas compris qu’elles avaient droit aux deux.
Pour Antigone, aucun interdit, aucune  « loi du Père » ni du monde n’aurait pu étouffer sa loi intérieure.
Il est donc urgent de désobéir, de résister aux lois du marché qui régit  l’art international, à la tyrannie des courants et des modes, à la violence de l’argent qui travaille pour nous faire oublier l’essentiel, la quête éperdue de ce qui n’a pas de prix.

Yolande Coomans

 

 

YOLANDE COOMANS, peintre d'origine belge, vivant et travaillant en France, construit depuis plus de 50 ans une œuvre forte et authentique dans une quasi clandestinité.

Son exigence en peinture l'a éloignée des courants officiels du monde de l'art. Et elle n' a pas fait beaucoup d'efforts pour s'y intégrer, sa nature profonde étant celle d'une solitaire. Elle s'en accommode d'ailleurs fort bien.

Cependant, cette solitude ne l'a pas coupée de son temps, même si, dès le début, sa vision de l'art et de la peinture en particulier, s'est nourrie de tous les grands créateurs du passé.

Elle se sent, en outre, profondément européenne, attachée définitivement  aux règles des Beaux-Arts telles qu'elles ont été enseignées tout au long des siècles en Occident et telles qu'elles lui ont été transmises par son maître Chapelain-Midy à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.

Sa route reste difficile car elle ne suit pas les grands boulevards de la mode et évite les "postures" d'avant-garde. Une solide réflexion philosophique nourrit son œuvre et la parcourt de questions métaphysiques :

Les grandes interrogations sur l'origine, l'incarnation, le visage, la nature, les mythes fondateurs de notre humanité parcourent toute son œuvre. Car elle est persuadée que les mythes ne disparaissent pas, ils viennent de trop loin. Ils font partie intégrante de nos questionnements existentiels.

La fréquentation des "humanités classiques", une vie à l'écart de l'agitation du monde, un certain dédain pour l'opinion officielle sont le propre d'une sensibilité essentiellement poussée par une puissante nécessité intérieure. Créer lui suffit, nourrie de poésie et de culture classique. Chacune de ses œuvres est longuement portée, pensée intimement, méditée avant d'être réalisée.

 Elle s'est attachée, tout au long de son parcours d'artiste, à garder toujours présent à l'esprit l'exigence de « sens » qui lui est indispensable. Elle refuse l'étiquette de "passéiste" ou "réactionnaire" qu' on plaque sur le peintre qui résiste aux modes ambiantes.

Enfin, l'œuvre de Yolande Coomans produit de l'être, à l'exemple des mythes. Elle n'explique rien, elle ne démontre rien, elle ne dénonce rien, elle se contente de montrer.

Tel est ce parcours, solitaire mais confiant et serein face au monde. Elle l'assume entièrement car c'est à cette liberté de créateur qu' elle doit cette confiance.